En 1995, Vincent arrête ses études d’Administration Economique et Sociale à l'Université Toulouse 1 et tente l’expérience de devenir jongleur professionnel accompagné de l’extraordinaire énergie de l’équipe du Lido (Henri Guichard, Geo Martinez et Florence Meurisse). L’émulation qui y règne à cette époque fait que les choses peuvent aller très vite. Ainsi avec Lionel About et Pierre Biondi, ils créent la Compagnie Triplex et répètent à l’espace Myrys de Toulouse. Christian Coumin, référent artistique du Lido, assure la mise en scène. En janvier 1996, ils présentent un numéro au Festival mondial du cirque de demain et obtiennent le prix spécial de Valentin Gneushev, qui est séduit par la fraîcheur et la qualité d’invention de ce trio de jongleur. Ils continuent leurs recherches qu’ils présentent dans plusieurs festivals : Nez-Rouges à Saint-Orens, Parades à Nanterre, Éclats à Aurillac et à Ramonville. Ils sont ensuite accueillis en résidence au Théâtre de la Digue et finalisent le spectacle Le p'tit bal perdu. Après 17 représentations, malgré un succès indéniable et un plan de tournée, l'équipe se sépare.

Compagnie : Triplex
Spectacle : Le p’tit bal perdu
Mise en scène : Christian Coumin
Avec : Lionel About, Pierre Biondi, Vincent Bruel
Scénario : travail collectif
Masques : Valérie Tonnelier
Création lumières : Plume Fontaine
Quelques repères du scénario : Sous leurs robes et leurs masques intemporels, trois sages languissants sont assis. Gardiens de la mémoire, ils « tuent » le temps à ne rien faire, si ce n’est à échafauder des jeux dérisoires. Oubliée ou pas au fond de leurs encombrantes valises vides, une balle rose sorte de « madeleine pur élastomère », surgit comme un remous à la surface miroitante d’une rivière. Trois drôles de bonhommes bondissants, genre shadocks new look, font remonter du fond de leur poubelle un feu d’artifice de balles blanches. Ballets de rebonds de balles, manège de balles asservies à un pendule poétique, ballons virevoltants de la tête au pied d’un ineffable footballeur, balles capricieuses aux précieux effets, balles traçantes ou baladeuses… Ces trois « autruches incongrus » sont animées d’une logique de l’instant, absurde au niveau global mais évidente sur l’instant. L’arôme du « petit bal perdu » de la chanson de Bourvil, qui imprègne le spectacle, emportera les trois sages dans une dernière danse, langage de l’inexprimé, et nous laissera échoué au bord de « boulevard du temps qui passe ».

 
EXTRAITS DE PUBLICATION

Plaquette saison 96/97 du Théâtre de la Digue de Toulouse
En 15 ans, une autre façon de faire du cirque est née, en contre-point d’une tradition. On appelle encore ce cirque-là, nouveau, avant-garde, contemporain, en recherche, pour ne pas dire cirque tout court. Les cirques plumes, Baroques, Docteur Paradis, l’Institut de Jonglage, Jérôme Thomas ou encore les Cousins ont ouvert les chemins d’un art rempli de vitalité, de poésie, ou d’humour. Le vocabulaire de cirque, dans l’espace comme dans l’écriture des prouesses, se retrouve dans des formes inventives de travail. Le cirque sort parfois de la piste, s’invente sur des plateaux de théâtre, retrouve à ciel ouvert ses installations, s’imprègne de techniques et d’esthétiques neuves. De jeunes artistes, formés dans les écoles de cirque ouvertes aux métissages artistiques, exportent leurs créations de par le monde. A Toulouse, le Lido a conquis la reconnaissance de ses pairs, et bénéficie, avec ses jeunes artistes sortis de formation, d’une reconnaissance aux niveaux national et international.
Sur le jonglage
Leur style rompt avec l’image classique de prouesse en jonglage. Triplex utilise essentiellement des balles en silicone qui permettent d’inventer de nouvelles figures dans l’espace. Si le savoir-faire technique est impressionnant (13 balles en rebond à deux par exemple), la technique de jonglage n’est jamais une finalité, mais plutôt un outil pour créer une émotion, une atmosphère.

La Dépêche du Midi - Janvier 1996
« (….). Mais aujourd’hui pour se faire un nom dans le monde du cirque la technique ne suffit pas. Il faut aussi de l’humour, de l’ingéniosité, un talent nouveau. Les Triplex, sont à la fois jongleurs, acrobates, danseurs, et comédiens. Leur numéro de sept minutes est un condensé de virtuosité, de poésie et d’humour. Avec trois personnages naïfs qui évoluent sur des chants et des éternuements de bébés !
La concurrence sera rude devant le jury du Cirque de demain, du 25 au 29 janvier au cirque Bouglione, avec toujours les chinois et les Russes donnés pour favoris. « Le monde du cirque a changé, dit Henri Guichard, directeur du Lido. Certains viennent encore du milieu traditionnel, d’autres du théâtre de rue, mais la plupart d’univers complétement extérieurs au cirque. Sachez qu’aujourd’hui, pour entrer à l’école supérieure des arts du cirque de Châlons, il faut le bac. Pour faire une carrière, savoir se vendre, être inventif, ils ont besoin d’une ouverture culturelle. Même aux plus passionnés des élèves, je dis toujours « passe ton bac d’abord ».

Extraits des recherches du spectacle Le p'tit bal perdu - avril 1996 - Théâtre de la Digue - 1ère partie © Cie Triplex, collection le Lido

 

Extraits des recherche du spectacle Le p'tit bal perdu - avril 1996 - Théâtre de la Digue - 2ème partie © Cie Triplex, collection le Lido

 

Extraits des recherches du spectacle Le p'tit bal perdu - mars 1996 © Cie Triplex, collection le Lido

 

Reportage sur France 3 - janvier 1996 © France Télévision

 

Reportage sut TLT - février 1996 © Télé Toulouse